A l’attention de Madame Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du journal Le Soir
Copie à la Presse et au monde politique
Concerne : les prises de position de votre journaliste Colette Braeckman concernant Mr De Gucht
Madame,
Votre experte pour le Congo, Mme Colette Braeckman, a livré une analyse ce mardi 26 janvier 2010 : « Congo : c’est faire avancer les choses qui comptent » (1)
Oublie-t-elle que la ‘mouche qui a piqué’ Mr Karel De Gucht a également piqué plus de 730 parlementaires européens et la commission européenne ? (2)Et de quelle querelle personnelle parle-t-elle ? Mr Karel De Gucht dénonce un système véreux et corrompu – à la tête duquel trône Joseph Kabila – ainsi que l’inhumanité régnant dans l’Est congolais.
A force de se renseigner toujours auprès des mêmes personnes, en Wallonie et à Kinshasa, Mme Colette Braeckman affiche un parti pris qui à la longue entache la réputation de votre journal Le Soir.
Ne devrait-elle pas interviewer le sénateur Florentin Mokonda Bonza qui avertit que « La RD Congo est devenue un paradis fiscal » (3) ?
Et pour conclure sur l’ « engagement du Congo sur la voie démocratique », dont Mr Louis Michel a été l’architecte en engageant des dizaines, des centaines de millions €, Mme Colette Braeckman ne devrait-elle pas enquêter sur ZETES afin que votre journal informe correctement ses lecteurs ?
Nous nous rappelons tous la saga concernant l’enregistrement des électeurs congolais. Lisez ci-dessous car le débat sur l’organisation des élections au Congo et sur les résultats « démocratiques » est bel et bien ouvert :
« L’idée de procéder à l’enregistrement des électeurs à la manière RDC a été préconisée par Louis Michel… Cette méthode d’enregistrement des électeurs, qui semble fiable à première vue, comporte plusieurs risques dès lors que les différents acteurs n’ont aucune maîtrise sur la collecte des données enregistrées et que la société ZETES qui fournit le logiciel en a la seule maîtrise, comme ce fut le cas en RDC. En outre, ZETES qui a remporté le marché d’enregistrement des électeurs en RDC est une société belge, pays dont est originaire le Commissaire européen Louis Michel qui est un grand soutien de Kabila et de Faure Gnassingbé.
Louis Michel, on le sait, a été un des artisans de l’élection de Kabila en RDC. Mais il fallait le faire proprement, c’est-à-dire avoir une caution technologique. Puisque la méthode a réussi en RDC, pourquoi ne pas la mettre en œuvre au Togo, pays dont on sait qu’il est plus petit que le Congo démocratique. C’est ainsi que Louis Michel suggéra à son ami Gilbert Bawara, l’homme de toutes les basses manœuvres du clan Gnassingbé, d’opter pour ZETES dans la mise en œuvre du recensement électoral et l’établissement du fichier électoral. » (4)
Il semblerait que dans les armes de certains, le noble idéal de la démocratisation devienne un dangereux outil que certain(e)s journalistes reprennent aveuglément en cœur comme un outil de merchandising …
Et quel crédit encore accorder aux propos de Mme Colette Braeckamn du 26 janvier 2010 alors que (5) ;
- le 16 décembre 2009, au cours d’un débat au parlement, Mr Louis Michel lui-même avait déclaré : « les carences du système judiciaire congolais créent un sentiment généralisé d’impunité … et que ce qui reste à reconstruire au Congo, c’est un Etat de droit avec de véritables fonctions régaliennes qui sont aujourd’hui totalement inexistantes et donc créent un vide extrême »
- le 9 janvier 2010, Mme Colette Braeckman écivait : « Alors que le Congo n’en est qu’à ses premiers pas sur la voie de la reconstruction, ses dirigeants pêchent peut-être par excès d’optimisme : dans toute la ville, de grands panneaux consacrés aux « cinq chantiers » montrent des images d’autoroutes, de stations satellites, d’immeubles ambitieux, comme si le travail était déjà terminé. En réalité, il ne fait que commencer et d’aucuns redoutent qu’une brouille avec les Occidentaux ne fasse reculer plus loin encore le fameux « point d’achèvement » qui permettra une remise de 90% de la dette »
Madame la rédactrice en chef, la mouche qui aurait piqué Mr Karel De Gucht aurait-elle aussi piqué Mr Louis Michel ?
Et quel animal aurait-il piqué Mme Colette Braeckman pour qu’en quelques jours elle écrive tout et son contraire ?
La vérité est têtue et elle finit toujours par triompher. Mme Colette Braeckman ne trompe plus personne si ce n’est elle-même.
Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations
Stéphane Sonck
Africa Time
Agence France Presse