LE CNDP DANS LES INSTITUTIONS: « La Fin de la légitimité électorale en RD Congo »

Mesdames, Messieurs,

Le MSS-KIVU informe l’opinion que, suite à l’intégration du CNDP en leur sein, les institutions provinciales du Nord-Kivu sont devenues légalement nulles. Cette nullité est la suite logique de l’entrée dans les institutions administratives, politiques et sécuritaires de la province d’un Mouvement armé, en l’occurrence le CNDP. Cet acte anticonstitutionnel et immoral est la conséquence des accords de Goma entre le gouvernement central et le CNDP.

L’arrivée du CNDP dans les institutions, sans le quitus populaire, signifie ainsi la nullité de la légitimité acquise par les gouvernants issus des élections générales de 2006.

Il est important de procéder à un bref et rapide  rappel du contexte qui a abouti à la situation dans laquelle nous nous retrouvons :

-           Primo, en pleine période d’occupation territoriale effective par le Rwanda, accompagnée des massacres, des viols, des destructions méchantes, il s’est tenu dans notre pays, tant bien que mal, des élections générales organisées par l’Union européenne. Lesquelles élections  ont  accouché des institutions qui gouvernent à ce jour. De ce fait, les forces politiques coalisées qui ont gagné ces élections gouvernent.

-          Secundo, nulle part la Constitution de la République ne prévoit l’entrée dans les institutions, à quelque niveau que ce soit, même pas sous pressions militaro-politiques, des organisations tant civiles que militaires n’ayant pas pris part aux élections générales!

-          Tertio, au lendemain de la prestation de serment, en décembre 2006, du nouveau président,  le CNDP sous la direction du général mutin Laurent Nkundabatware, le bourreau de Kisangani et de Bukavu, va relancer la guerre dans la province du Nord Kivu. Le bilan est très lourd : Des dizaines de milliers des morts, plus de 1.800.000 déplacés internes, des milliers des femmes et filles violées, des centaines des villages et cités totalement brûlés et détruits. Beaucoup parmi nous ont  encore  en mémoire le désastre de Mushaki, l’humiliation de Rumangabo, l’horreur de Kiwanja, la terreur à Goma…bilan connu des actions des hommes du CNDP.

Aujourd’hui, le pouvoir n’ayant pu ramener la paix et la sécurité,  principale promesse électorale, chacun d’entre nous est interpellé afin de tirer les conclusions qui s’imposent, à savoir, reconnaître l’évidence de ce plan de balkanisation et de destruction de la RD Congo.

Mesdames, Messieurs,

L’opinion se rappellera qu’au plus fort de la guerre du CNDP dans le Nord-Kivu, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole et du commandant des opérations le colonel Delphin Kahimbi, a publiquement exposé les preuves de la présence des troupes rwandaises aux côtés des miliciens du cndp. Présence confirmée par les Nations-Unies et beaucoup d’autres sources indépendantes. Nous avons même assisté à un échange des tirs d’artillerie entre les armées des deux pays, le Rwanda et la RD Congo, lors de la chute de la base militaire de Rumangabo  en août 2008.

L’opinion congolaise et internationale se souviendra que ceci fut suivi de deux étapes désastreuses pour la souveraineté et la sécurité du Congo : d’une part la trahison connue sous le nom  de Umoja wetu (notre unité) (entre deux pays en guerre) par laquelle dans un arrangement opaque et anticonstitutionnel une personne à Kinshasa autorisait frauduleusement l’entrée officielle ( !) de l’armée rwandaise en RD Congo. Et d’autre part l’échange d’Ambassadeurs entre ces deux pays alors que le Rwanda continue à occuper une partie de la RD Congo.

De même, le CNDP joue plus que jamais son rôle de bras exécuteur du plan d’annexion du Kivu, par ses maîtres du Rwanda. Car, après avoir pris le contrôle administratif et sécuritaire virtuel du Nord-Kivu, avec son administration parallèle dans cette province, voilà qu’il exige à présent son entrée dans le gouvernement central et au sein des autres représentations politico administratives à l’échelle nationale (2.345.000 km2).

Qu’est-ce à dire, sinon qu’on assiste à une annexion d’une partie du Congo et au processus de sa balkanisation avec l’assentiment et la complicité du Pouvoir de Kinshasa ? C’est donc le Pouvoir en place à Kinshasa qui est le principal coupable de cette humiliation du Congo, cette ancienne grande Nation.

Enfin, le MSS-Kivu plaide pour le retour chez eux et une bonne prise en charge de ces 1.800.000 Congolais, victimes de la terreur du CNDP,  qui survivent, dans des conditions inhumaines, humiliés et ignorés par le Pouvoir central, dans des camps de fortune loin de leurs villages.

A la lumière de ce qui précède, la population congolaise et le Mouvement Solidaire pour la Survie du Kivu lancent cet appel ultime à la conscience de ceux des Députés et Sénateurs de la République qui ont encore l’honneur de se sentir citoyens dignes :

-          Ne laissez point passer la confiscation de l’Etat au prix même du blocage du fonctionnement des institutions de la République.

-          La nation entière et l’histoire retiendront votre réaction quant à ce danger qui détruit déjà la République.

Vive la République.

Vive le Peuple Congolais.

Fait à Bruxelles, le 01 février 2010

Pour le MSS-Kivu :

Michel Moto Muhima

Secrétaire Général & Porte Parole

Cet article a été publié le Mercredi 3 février 2010 dans la catégorie Nouvelles nationales. Vous pouvez suivre les commentaires grâce au fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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