La fin de Joseph Kabila sonne

Par  Awazi Kasele

Jamais Joseph Kabila n’a paru aussi seul, abandonné, précipité vers sa fin. Il y a des signes qui ne trompent pas. Une distanciation  à l’égard du «  Chef de l’Etat congolais » reste perceptible avec ses voisins immédiats : au Congo Brazzaville,  le Président Souassou Nguessou, ne cesse de lui opposer une fin de non recevoir. L’on se souviendra, à ce sujet, de l’échec concernant la traque, de l’autre côté du fleuve, des personnes soupçonnées avoir des liens  avec les patriotes résistants opérant depuis Dongo. Effectivement, le Chef de l’Etat brazzavillois a ses soucis ailleurs : remettre sur le rail une économie moribonde depuis des décennies ; honorer ses engagements au cours de la campagne ; préparer sa sortie honorable, en vue d’une retraite apaisée.
Alors, point n’est besoin que le brazzavillois «  Papa bonheur »  projette un regard attentif sur l’autre rive d’où  Kabila lui fait part de la progression des «  rebelles »  dans différents coins  de la province équatoriale. S’agissant de ce coin chaud, des voyageurs auraient  même confié que des insurgés, non autrement identifiés, auraient été aperçus aux abords du plateau Maindombe au cours de leur retrait, après avoir  désarmé des unités en patrouille. Les commentaires vont dans le sens  d’une imminente offensive dans cette partie, proche de la province de Bandundu. Une telle percée des résistants, s’il se confirmait, ne sera pas sans nous rappeler  la prédiction en chant «  pesa munu passage » ou saut sur  Kinshasa.

Du côté de l’Angola, Edouard Do Santos, ancien fidèle et allié du régime en place à Kinshasa, boude, murmure entre ses dents, car, dit-il, les richesses de la RD Congo profitent plus à Kagame pendant que lui (Do Santos)   dépense des milliers des dollars pour l’exploitation, sans résultat, à court terme,  des quelques km carrés, à l’intérieur de la frontière congolaise. La visite de Joseph Kabila, rendue à son homologue, à  l’ouverture de la CAN , à été mise à profit pour faire entendre les fâcheries du numéro 1 angolais.

Plus loin des frontières, l’Union européenne peaufine des dossiers accablants au sujet du régime dictatorial à  Kinshasa. A l’origine de cette remise en question des bonnes relations, longtemps entretenues avec l’Etat congolais, les observateurs notent la poussée économique du concurrent chinois, grâce à ses intrusions notamment en Afrique et, pire, ses accords conclus avec la Rd Congo, un pays où l’Europe n’a rien  laissé au hasard pour s’assurer  le contrôle des richesses par le biais des dirigeants, imposés et manipulables. Les déclarations des eurodéputés,  suivies de la sentence de L. J. Barosso sur les menaces que la RD Congo fait peser sur Monsieur Karel De Gutch,  étaient tout,  sauf de la simple musique.

Aussi,  il nous revient que Joseph Kabila, dans sa tentative de conjurer le mauvais sort qui  s’abat sur lui, aurait a requis le service d’un célèbre marabout, que son entourage lui aurait recommandé et, dépêché du Mali. C’est à ce dernier que reviendrait le mérite du semblant  rapprochement entre Kinshasa et la Belgique. Cependant, le devin ouest-africain, aurait constaté avec regret que son client, Joseph Kabila aurait épuisé son échéance, espérance- vie qui devrait correspondre aux trois exploits : 1, sa succession au pouvoir après l’assassinat de Désiré Kabila ; 2, son élection dans les conditions que l’on sait ;3, sa victoire diplomatique dont la dernière en date, en dépit de sa mise en écart par des puissances alliées.

Devant ce vide, qui sonne le glas de sa fin, l’inquiétude de Kabila gagne en intensité. En avant, intrépides congolais !

Cet article a été publié le Dimanche 7 février 2010 dans la catégorie Nouvelles nationales. Vous pouvez suivre les commentaires grâce au fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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